|
|
||||||
|
[i552j
|
DE LA VILLE DE PARIS.
|
85
|
||||
|
|
||||||
|
faict ses aproches et donné plusieurs coups de canon en telle force et impétuosité que en peu de temps ii auroit faict une grande bresche, prest à donner l'assault que ceulx de dedans ledict chasteau ne voullurent attendre; mais Georges de Crouy, fils de Monsr Du Ru f1', demanda à parlementer audict sr de Vendosme, et luy rendit ledict chasteau par composition de sortir avec deux pieces d'artillerye seullement. Et y entra ledict Sr de Vendosme ledict jour, qui estoit la seurveille de
|
Noel : dont lesdictz Bourguignons furent bien eston-nez.
|
|||||
|
(B fol. 72 V° W.)
Led. xxm0 dud. mois de Decembre, le chasteau de Hesdin estans assiégé par Monseigneur de Ven-
|
||||||
|
|
||||||
|
|
||||||
|
dosme, après avoir tint le can devant
|
(3)
|
jours
|
||||
|
durant et l'avoir faict bastre de plusieurs coups de canon avec grant brèche, fut rendu par le filz au sr Du Ru'1' qui en estoit chef.
|
||||||
|
|
||||||
|
CXXXVI. — Lettres envoyées à la
a3 décembre i552. (A fol
Ce jourd'huy ont esté receues lettres des Maieurs et Eschevins de la ville d'Abeville'5', dont la teneur ensuit.
21 décembre.
«Nosseigneurs, nous sommes acertenez que vous estes assez advertiz de l'entreprinse et infortune advenue en ceste frontière de par deçà pour la prinse que a faict nostre ennemy des ville et chasteau de Hesdin'0', qui nous estoit une bourne, et que nous estimyons nous devoir servir pour tout le pays, et à vous une seure closture. Mais pour l'infortune de la prinse desd, ville et chasteau, aujourd'huy nous sommes faictz frontière en ceste ville d'Abbeville; et nous est trés neccessaire faire besongner aux ram-pars et forteresses, ce que ne pouvons faire pour autant que nous n'avons nulz deniers à lad. Ville. Nous nous sommes cottisez particulierement, mais pour la perte que font la plupart de noz habitans de leurs biens et revenu, nous ne povons d'autant satiffaire à» ce que vouldrons bien executer, si nous aurons les moyens pour résister aux malheu-
|
VlLLE PAR LES HABITANS D'ABBEVILLE.
. 3ov°;B fol. 72 v°) O.
reuses entreprinses que vouldroient faire sur nous nosd. ennemys f'.
"S'il vous plaisoit nous ayder de quelque bonne somme de deniers, de quelque nombre de pouldres, vous feriez grant service au Roy et à nous fort grant plaisir; si seront employez les deniers par ordonnance de ceulx lesquelz il vous plaira commettre.
"Nous sommes bien délibérez, avec vostre bon ayde et secours, de donner ordre que l'ennemy ne aura nulle puissance sur nous et que n'osera passer à nostre ville pour l'assaillir ne y faire autre entre-prinse.
"Esperons, Nosseigneurs, que vous estes si bien affectez à la frontière de ceste Picardie, tant pour le zelle que vous avez de faire service au Roy, que pour l'importance et consequence que vous congnoissez que elle vous prouffitte et à tout le Royaulme, ne vous ferons la presente plus longue.
"Après vous avoir presenté noz humbles recommandations à voz bonnes graces, nous prirons
|
|||||
|
|
||||||
|
(1) Telle est Ia leçon de nos deux Registres; mais il faut corriger Du Ru en de Rœulx (et de même à la page 48, troisième ligne de la seconde colonne, en remontant). Il s'agit en effet du premier comte de Rœulx en Hainaut, créé en i53o, Adrien de Crouy, seigneur de Beaurain, etc, chevalier de la Toison d'Or, chambellan, premier gentilhomme el premier maitre d'hôtel de Charles-Quint, gouverneur de Lille. Chef des gens de commun des Pays-Bas, il fit la guerre à plusieurs reprises sur les frontières de Picardie, et notamment en cette année i552, où il prit et brûla les villes de Noyon, Roye, Nesle, Chauny (sur quoi cf. principalement les articles ci-dessus XXVII, XXIX, XXXI et LXIX); il emporta Hesdin de vive force le 5 novembre. Il mourut en 1553 au camp devant Therouanne. — Adrien de Rœulx laissa sept enfants, dont trois fils; mais aucun d'eux n'est indiqué comme portant le prénom de Georges, qu'il faut sans doute rectifier en Gerard, troisième fils d'Adrien, lequel devint comte de Rœulx après la mort de ses frères aînés.
'2) Dans le Registre B, ce passage se lit après notre article ci-dessous CXXXVII.
(3> Ce blanc existe en l'original.
C Le Begislre B donne en rubrique : Lettres des majeur et eschevins d'Abbeville.
's' Dans les deux Registres le scribe avait d'abord écrit : de Compiengne, Compiegne; la bonne leçon : Aheville, Abbeville, a été restituée plus tard et méme par une main tout à fait moderne dans le Registre B.
(•' Voir la note 4 de la page précédente.
C La leçon de B parait meilleure pour ce passage : . . .satiffaire à ce que vouldrions bien executer si nons avyons les moyens pour résister. . .
|
||||||
|
|
||||||